Presse

Chabirand tel qu'en lui m-ême

Journal de l'Île de La Réunion, le 11 avril 2014

Né en Vendée, établi à La Réunion depuis bientôt 30ans, Christoph Chabirand est déjà l'auteur de deux recueils de nouvelles et d'un roman policier ( Datura et soleil noir, paru chez Orphie). "Les yeux vair" (toujours chez Orphie) est le titre de son dernier opus. Si dans la langue classique 'vair" évoque une variété d'écureuil et la fameuse pantoufle de Cendrillon, pour l'auteur, musicien adepte du trombone, le terme rappelle " la note bleue du jazz, No man's land fluctuant entre le mineur et le majeur".

A fil de quelques 250 pages, il nous offre 42 nouvelles ultra-brèves, pour la plupart puisées au creuset de sa propre vie. Tout à sa fantaisie, il fouille le réel, raconte l'amour, la mort, les choses de tous les jours, parfois avec gravité, mais le plus souvent avec un sens de l'humour vivifiant et un art aiguisé du suspense et du contre-pied. Christoph Chabirand sait capter le lecteur et ne le lâche jamais en chemin. Ce recueil aux accents légers est capable de parler à tous.

A.J.

Le luçonnais Chabirand signe son meilleur ouvrage

Ouest-France, le 3 avril 2014

Christoph Chabirand est natif de Luçon (1958), turbulent élève du collège Beaussire puis du lycée Atlantique, avant de poursuivre ses études pour devenir instituteur. Une profession qu'il exerce depuis bientôt trente ans sur l'île de La Réunion.

Chabirand est aussi devenu écrivain, auteur de nouvelles surtout, même si son précédent livre est un polar ( Datura et soleil noir, éditions Orphie), réussi d'ailleurs. Avec son dernier recueil de nouvelles, LES YEUX VAIR, le Luçonnais est à la maturité de son style, qu'il a épuré. Moins proche de Bukowski, plus prés de Maupassant. Ce musicien dans l'âme( il joue du trombone dans le groupe Djazadonf) a enfin trouvé le second souffle qui mène le lecteur par le bout du nez dans ces 42 histoires. Elles ont souvent pour cadre La Réunion, sa deuxième patrie, mais elles s'adressent, par le thème, à tous.

On aimera tout particulièrement la nouvelle LE COMBAT, l'histoire de quatre copains comme cochons, une amitié qui va dégénérer et trouver une fissure qui ne se refermera jamais.

D'une manière générale, Christoph Chabirand serpente entre l'existentiel et l'essentiel, entre la comédie et le drame, entre l'absurde et le réel. Son dernier livre est son meilleur livre!

Philippe Gilbert

Christoph Chabirand brille ua soleil noir du polar

Ouest-France, le 3 septembre 2013

Ouest france 03/09/2013

Christoph Chabirand qui vient de sortir son 4éme livre, DATURA ET SOLEIL NOIR, vit désormais sur l'île de La Réunion. Né à Luçon, en 1958, d'une mère professeur d'anglais et d'un père économe au lycée de Pétré, Christoph Chabirand a effectué ses armes scolaires au collège Beaussire, puis au lycée polyvalent, comme on disait alors. Il a poursuivi ses études à l'Ecole Normale, puis est devenu instituteur, profession qu'il exerce depuis plus de trente ans en outre-mer. Car l'ami Chabirand est parti vers l'hémisphère sud en 1986 avec sa femme Marie-Claude ( originaire de Saint Etienne- de-Brilhouet).

Aujourd'hui, incontestablement, l'île de l'océan indien est devenue sa nouvelle patrie. Sans pour autant oublier Luçon, le Sud-Vendée, comme on a pu s'en rendre compte dans les nouvelles de ses précédents ouvrages ( Bleues Nuits, chez Amalthée, 2008; Aigues-marines, Orphie 2010; Les contes d'Efinga, Orphie 2012). Des nouvelles d'autofiction, mettant parfois en scène ses meilleurs copains, comme Henry, son pote de collège et lycée, mort tragiquement dans un accident de moto (1976), entre Champ-Saint-Père et Rosnay, alors qu'il le suivait.

MOTO, TROMBONE ET WESTERN DE LEONE

La moto est d'ailleurs un des moteurs de l'imaginaire de l'écrivain. La musique aussi. Ce pro du trombone a d'ailleurs créé son groupe de jazz et tourne régulièrement. Et puis, il y a une influence certaine des western de Sergio Leone, qu'il a vu jeune, au Rex, près du jardin Dumaine. D'où un réalisme cru dans le style, trash même parfois, très moderne aussi, de son époque. Ainsi va la nouvelle SOLEIL NOIR ( car le polar de Chabirand est en fait composé de deux longues nouvelles). Dans son scénario, la vengeance est la meilleure des justices, à l'image de Charles Bronson dans UN JUSTICIER DANS LA VILLE, ou de Clint Eastwood dans L'INSPECTEUR HARRY. Ce justicier en moto est impitoyable pour protéger son fils et sa femme de bandits du trafic de drogues, trafic aux pratiques, il est vrai tout aussi impitoyables.

Cru, trash, mais efficace. Haletant aussi. D'autant que se faire justice en prenant les meilleures précautions du monde, n'empêche pas d'être piégé. Cette nouvelle se lit d'une traite, tout comme la première, histoire d'une belle Créole devenant vénéneuse comme la DATURA, sulfureuse plante à la fleur mauve. Surtout, à travers ces deux récits, Chabirand met en scène cette île de l'hémisphère sud, ses routes sinueuses, ses criques, ses paysages, ses montagnes...Il fait de La Réunion sa véritable héroïne. A quand un polar du même tonneau à Luçon.

«DATURA ET SOLEIL NOIR», de Christoph Chabirand, Orphie, 234 pages, 10 euros.

Philippe Gilbert.