
Christoph Chabirand sera présent sur le salon du livre réyoné pour présenter ses deux derniers ouvrages. Pas de polar cette fois, mais un recueil de nouvelles, ou plutôt de trois courts romans, « Origines », et, plus étonnant un album jeunesse.
Il a eu beau rabâcher pendant des années qu’il n’écrivait pas pour les enfants, il a fini par commettre « Léa, en avant la musique », sous le pseudonyme de Gépétof, le surnom que lui ont donné ses petites filles. S’il reconnaît écrire un peu pour elles, c’est surtout dit-il « pour mettre en valeur le travail de l’illustratrice, Cépé.éme (Christine Payet pour l’état civil) « car j’adore ce qu’elle fait, j’ai donc écrit une histoire pour qu’elle l’illustre ».
Des dessins colorés et plain de gaité pour ce livre qui, à travers l’histoire d’une fillette qui veut apprendre la musique et cherche l’instrument qui lui convienne, aborde le thème de l’homoparentalité.
Un premier pas vers la littérature jeunesse et qui ne sera pas le dernier puisque deux autres albums sont déjà dans les tuyaux.
S’il a besoin « de calme absolu pour écrire », Christoph Chabirand n’a pas été plus prolixe pendant le confinement car il « n’aime pas les contraintes ».
Et si le tromboniste de jazz a dû ronger son frein pendant la crise sanitaire en attendant la reprise des concerts, la musique reste très présente dans ses écrits, tout comme La Réunion, où il vit depuis 1986 dont il écorne parfois l’image un peu trop idyllique présentée à ceux qui la découvrent.
« L’ECRITURE EST UNE ENVIE »
Ainsi dans « Origine », il retrace le parcours d’un jeune métis enlevé de son orphelinat –« Pas un enfant de la Creuse même si cela résonne un peu » précise-t-il- qui grandit en Vendée et va souhaiter retrouver ses origines lorsqu’à son tour il devient père. Alors qu’il n’avait pas connu le racisme en métropole, il va y être confronté à La Réunion, d’abord en apprenant que sa mère, qui n’avait que seize ans à sa naissance, a été contrainte de l’abandonner parce que son père était trop noir et trop pauvre.
Vidar, c’est la vengeance révélée par une grand-mère à son petit-fils qui apprend que son grand-père était un SS, qu’elle a aimé passionnément et en a payé le prix fort. « A la mort de Jean Rochefort, j’ai vu un documentaire où il témoignait avoir vu, enfant, une femme mise à nue et tondue à la libération » dit Christoph Chabirand qui a été ému par la violence de ces tortures « alors que la plupart du temps c’était une histoire d’amour »
Avec Géhenne, il aborde les violences intrafamiliales à travers l’histoire d’un gamin maltraité par son père qui finira par sortir de l’enfer grâce à la musique.
Les trois histoires dont les personnages tirent le fil de la mémoire pour retrouver leur origine, sont toutes très noires mais, tempère, l’auteur « finissent sur une note positive ».
Elles se lisent d’une traite, l’auteur ayant le don de tenir le lecteur en haleine, tout comme elles ont été écrites d’ailleurs. « Je n’ai pas d’horaires et pour moi l’écriture est une envie. Mais quand je commence, je n’arrête pas, j’écris pendant quinze jours », confie Christoph Chabirand.
Il peaufine actuellement son prochain polar « toujours deux histoires dans un seul ouvrage avec mes policiers fétiches, Picard et Cazambo. Ce dernier sera confronté à un serial killer dans « Le chat et la souris », et, dans la deuxième histoire, « l’enquête se poursuivra dans le milieu musical de La Réunion », annonce-t-il, en précisant qu’autre polar est déjà prêt à sortir dans deux ans.
Pascale Entz