Presse

Chabirand face au démon de ses nuits bleues

Ouest France, le 21 janvier 2009

C'est d'abord avec ses tripes que Christoph Chabirand, à l'aube de la cinquantaine, a écrit et publié « Bleues Nuits », un recueil d'une vingtaine de nouvelles. Entre les souvenirs et la fiction, ce Vendéen natif de Luçon se livre dans ces courtes histoires avec un bel appétit des phrases, sans construction compliquée. Devenu instituteur et vivant sur l'île de la Réunion depuis plus de vingt ans, Chabirand est un gourmand sensuel traversé par sa désormais double culture vendéano-indienne et son amour du jazz, sans oublier sa passion de la moto. Et il ne renie pas l'intérêt qu'il porta à la dive bouteille. Entre les litres et la rature, sa nouvelle intitulée « les cousins » et se terminant dans la cave de son copain Gus dans le sud-Vendée, est à mourir de rire. Et celle intitulée « Henry » est un splendide hommage à son grand pote de jeunesse du collège Beaussire de Luçon. Ce Henry disparu dans un accident de moto, dont le souvenir continue à hanter l'auteur, le voyant toujours revenir comme dans un film qui ne finit jamais.

« Bleues nuits », de Christoph Chabirand, Éditions Amalthée, 90 pages.

Philippe GILBERT.

Entre Eros et Thanatos

Le quotidien, le 6 octobre 2008

Musicien accompli installé depuis plus de vingt ans à La Réunion, Christoph Chabirand prend la plume pour nous servir une vingtaine de nouvelles peines de vie, tiraillées qu'elles sont entre Eros et Thanatos, le désir et la mort.

Depuis le temps qu'il a posé son trombone à La Réunion au milieu des années 80, on connaît bien Christoph Chabirand pour ses talents de musiciens de jazz qu'il a pratiqués au sein du Jazz Club, du Soft Trio ou bien de Djazadonf. «Pas un métier», se défend-t-il, mais «une passion dévorante» pour l'instit' qu'il est. Aussi prenante qu'elle soit, cette passion ne fait aujourd'hui plus d'ombre aux autres cordes d'un arc tendu entre Eros et Thanatos, le désir et la mort. Un arc de vie qui l'emmène aujourd'hui à se révéler sur le terrain d'une écriture qui ne fait pas dans la fioriture pour toucher directement là où ça fait du mal. Là où ça fait du bien.

«Il y a longtemps que ça me tournait dans la tête. J'écris depuis longtemps. D'abord des poèmes et puis des nouvelles. J'écris quand j'ai le temps», raconte-t-il sobrement, comme gêné d'afficher ce talent supplémentaire. Car dans cet exercice ô combien difficile de la nouvelle, Christoph Chabirand a trouvé un genre qui convient à une vision tendue et nerveuse de la vie. C'est en tous cas ce qu'on constate en avalant «Bleues Nuits», un recueil d'une vingtaine de textes serrés, collés-serrés même, publié chez l'éditeur nantais Amalthée. Quand on est vendéen d'origine, on ne se refait pas, que voulez-vous.

Vincent PION